Quelle est la profondeur des racines d’une herbe de pampa ?

par Christelle

Cette graminée spectaculaire, originaire d’Amérique du Sud et largement plantée dans les jardins français depuis les années 1960-1970, cache sous ses plumeaux légers un système racinaire bien plus imposant que son apparence ne le laisse penser. Cette question revient souvent chez les jardiniers qui hésitent à l’installer près d’une terrasse, d’une clôture ou d’un mur, redoutant à raison les dégâts que pourraient causer des racines trop envahissantes. Voici ce qu’il faut savoir avant d’installer cette plante chez vous.

La profondeur réelle de ce système racinaire

Les racines de l’herbe de la pampa, aussi appelée Cortaderia selloana, s’enfoncent généralement entre 1 et 1,5 mètre de profondeur une fois la plante bien établie. La masse racinaire la plus dense reste concentrée dans les cinquante à soixante premiers centimètres du sol, tandis que certaines racines plus fines poursuivent leur descente plus profondément pour aller chercher l’humidité disponible dans les couches inférieures.

Cette architecture verticale explique la remarquable résistance de cette plante à la sécheresse une fois installée, ses racines profondes lui permettant de puiser l’eau bien au-delà de ce qu’atteignent la plupart des végétaux à enracinement plus superficiel.

Un système dense plutôt qu’un système traçant

Contrairement à certaines plantes qui colonisent un terrain en étendant leurs rhizomes horizontalement sur plusieurs mètres, l’herbe de la pampa ne fonctionne pas de cette façon. Ses racines restent concentrées autour du pied de la touffe plutôt que de courir sous le sol pour ressortir plus loin, ce qui la distingue nettement des plantes véritablement traçantes et envahissantes par leurs racines, comme le bambou ou le liseron.

Cette concentration reste toutefois très dense et compacte, la touffe occupant rapidement tout l’espace disponible et empêchant d’autres végétaux de s’installer à proximité immédiate. Avec le temps, généralement après deux ou trois années de croissance, cette base racinaire durcit considérablement et forme une masse quasiment ligneuse, particulièrement difficile à entamer sans un outillage adapté.

Les facteurs qui influencent cette profondeur

Le type de sol

Un sol sablonneux et bien drainé favorise une descente plus facile des racines en profondeur, la structure meuble du sol offrant peu de résistance à leur progression. À l’inverse, un sol argileux et compact contraint davantage les racines à se développer en surface, faute de pouvoir pénétrer aisément les couches plus profondes et tassées de ce type de terrain.

Le climat de votre région

Dans les régions au climat sec, l’herbe de la pampa pousse naturellement ses racines vers les nappes d’eau souterraines pour assurer sa survie durant les périodes les plus arides. Dans les régions plus humides, elle peut se permettre un enracinement moins profond mais souvent plus étalé horizontalement autour de la souche.

La fréquence d’arrosage

Des arrosages espacés mais copieux encouragent la plante à développer un système racinaire profond, cette stratégie l’incitant à chercher l’eau en profondeur plutôt qu’en surface. Des arrosages fréquents mais superficiels produisent l’effet inverse, la plante n’ayant alors aucune raison d’investir dans un enracinement profond puisque l’eau reste disponible près de la surface.

arrosage d'une herbe de pampa

Pourquoi cette plante reste considérée comme envahissante ?

Le caractère envahissant de l’herbe de la pampa, aujourd’hui bien identifié notamment sur les littoraux atlantique et méditerranéen français, ne provient pas directement de son système racinaire mais surtout de sa capacité à se ressemer abondamment par graines, chaque plumeau libérant une quantité considérable de semences facilement dispersées par le vent. Ce mode de propagation explique sa progression rapide dans les milieux naturels, dunes et friches notamment, bien plus que l’extension de ses racines qui restent, comme évoqué plus haut, concentrées autour de chaque pied.

Cette distinction reste importante pour bien comprendre le risque réel associé à cette plante, la vigilance devant surtout porter sur la gestion de sa floraison et de sa dissémination plutôt que sur une éventuelle progression souterraine agressive.

Comment se débarrasser d’une touffe déjà installée ?

L’arrachage manuel reste la méthode la plus directe, à condition de creuser suffisamment profondément autour de la souche pour extraire l’intégralité du système racinaire, faute de quoi la plante repart facilement de tout fragment de racine laissé en terre. Cette opération demande un effort physique conséquent sur une plante bien installée depuis plusieurs années, la masse racinaire durcie nécessitant souvent une bêche robuste, voire un outil de type pioche pour les touffes les plus anciennes.

Si l’arrachage complet s’avère trop difficile, coupez la plante à ras puis recouvrez la zone d’une bâche opaque et résistante pendant plusieurs mois, cette technique d’étouffement privant progressivement la souche de lumière jusqu’à épuisement de ses réserves.