Bactériolit : composition et utilisation

par Christelle

Dans les exploitations agricoles qui cherchent à réduire leur dépendance aux engrais chimiques, et dans les jardins familiaux où le compost tient une place centrale, le Bactériolit se présente comme un activateur biologique discret mais efficace. Développé par la société SOBAC à partir des travaux de Marcel Mézy, ce produit 100 % naturel accélère la transformation des matières organiques en humus, améliore la qualité des effluents d’élevage et réduit les pertes d’azote dans les sols. Voici ce qu’il contient, comment il fonctionne et comment l’utiliser concrètement.

Ce que contient le Bactériolit

Le Bactériolit se présente sous forme de poudre fine, ce qui facilite une répartition homogène sur les matières à traiter. Sa composition repose sur trois grandes familles d’ingrédients, toutes d’origine naturelle.

Les minéraux naturels

Le produit contient une sélection de minéraux d’origine naturelle dont le rôle est de fixer les éléments nutritifs sur le complexe argilo-humique du sol. Ce mécanisme de fixation est central dans la logique du Bactériolit : les éléments minéraux présents dans les fumiers et lisiers, notamment l’azote, ne s’évaporent pas et ne se lessivant pas dans les nappes, mais restent disponibles dans le sol et sont restitués progressivement aux plantes selon leurs besoins.

Les végétaux naturels compostés

Une sélection de végétaux naturels préalablement compostés constitue la base organique du produit. Ces végétaux ont été choisis pour leur richesse en matières carbonées et leur compatibilité avec les micro-organismes qui leur sont associés.

Les micro-organismes spontanés sélectionnés

C’est l’élément actif central du Bactériolit. Des micro-organismes aérobies spontanés, sélectionnés sur les composts issus des technologies Marcel Mézy, ont colonisé les végétaux compostés au fil du temps. Ce sont ces bactéries aérobies qui, une fois introduites dans un fumier, un lisier, un compost ou une litière, activent et accélèrent la transformation biologique de la matière organique brute en humus stable.

Le produit est homologué pour une utilisation en agriculture biologique, conformément aux règlements européens CE 834/2007 et 889/2018, et conforme au NOP (US National Organic Program). Il ne contient aucun ingrédient dangereux au sens de la réglementation européenne sur les substances chimiques.

Comment fonctionne le Bactériolit

Le mécanisme d’action du Bactériolit repose sur le principe du compostage aérobie accéléré. Les bactéries aérobies qu’il contient ont besoin d’oxygène pour fonctionner. Introduites dans une matière organique fraîche, elles colonisent rapidement le substrat et décomposent les molécules organiques complexes (protéines, glucides, lipides) en composés plus simples, puis en humus.

Ce processus produit de la chaleur, ce qui explique le réchauffement naturel d’un compost actif. Il réduit les émissions d’azote ammoniacal dans l’air, une perte classique lors du stockage des fumiers et lisiers non traités, et réorganise les formes d’azote présentes dans la matière organique pour les rendre plus assimilables par les plantes. L’azote n’est plus volatilisé ni lessivé : il est fixé sur le complexe argilo-humique et libéré progressivement au rythme des besoins des cultures.

Un effet collatéral directement perceptible pour les éleveurs est la réduction des odeurs dans les bâtiments et autour des fosses à lisier. En accélérant la fermentation aérobie, le Bactériolit limite les fermentations putréfactives anaérobies qui sont à l’origine des dégagements de gaz nauséabonds.

Utilisations agricoles

bâtiment d'élevage

Fumiers et litières en bâtiment d’élevage

Pour les bovins, la dose habituelle se situe entre 1 et 2 kg par m³ de fumier, ce qui équivaut à environ 2 kg par unité de gros bétail (UGB) et par mois pour un épandage de 30 m³ par hectare. Le produit s’applique directement sur la litière, à la main ou mécaniquement.

Pour les litières accumulées ou les caillebotis, le protocole d’application recommandé par SOBAC se divise en trois temps : un tiers de la dose au premier paillage, un tiers avant le curage, et le dernier tiers réparti avant le curage ou sur des applications hebdomadaires pour améliorer en continu l’ambiance du bâtiment.

En élevage porcin, la dose est de 500 à 800 g par porc et par bande, appliquée au moins 15 jours après la désinfection des bâtiments. En aviculture, 1 kg par m³ dans les dix jours suivant l’arrivée des animaux, avec un complément avant la sortie des fumiers pour atteindre 3 kg par m³.

Fosses à lisier

Pour les fosses à lisier, le produit s’intègre en trois étapes : un tiers en fond de cuve, un tiers à mi-remplissage, et un tiers avant la vidange. SOBAC recommande de brasser la fosse juste avant et pendant chaque incorporation pour favoriser le contact entre le produit et la matière.

Précautions importantes à respecter

L’efficacité du Bactériolit repose entièrement sur la survie de ses micro-organismes aérobies. Deux règles absolues s’imposent pour ne pas compromettre le traitement :

  • N’appliquez jamais le Bactériolit en même temps que des produits à effets antiseptiques : superphosphate, chaux vive ou désinfectants tuent les micro-organismes et annulent l’effet du produit.
  • En cas de désinfection préalable des bâtiments, attendez au minimum 15 jours avant d’appliquer le Bactériolit.

Utilisation au jardin : le composteur familial

Le Bactériolit se décline également en format jardin pour les particuliers, commercialisé en boîtes de 1,5 kg. Son usage dans un composteur domestique suit le même principe que son usage agricole, mais à une échelle réduite.

La méthode recommandée est simple : commencez votre compost au contact direct de la terre pour favoriser les échanges entre le substrat et la faune du sol. Alternez des couches de 10 cm de déchets carbonés (feuilles mortes, branches broyées, carton) et de déchets azotés (épluchures, tonte de pelouse, marc de café), puis saupoudrez environ 150 g de Bactériolit (soit six poignées) entre chaque couche. Maintenez une humidité légère sans excès, et laissez la transformation s’opérer.

Le dosage de référence est de 150 g pour 100 litres de déchets organiques, soit une boîte de 1,5 kg pour environ un mètre cube de matière fraîche, ce qui correspond à la capacité d’un bac composteur standard pour une saison. Contrairement à un compostage classique qui nécessite des retournements réguliers pour oxygéner la masse, le Bactériolit, grâce à ses bactéries aérobies, maintient une activité suffisante sans brassage manuel systématique. Le compost obtenu est mature en trois à six mois, sans odeur de pourrissement, riche en humus et directement utilisable au jardin comme amendement.